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L'atelier

La restauration d’un objet ou meuble ancien nécessite beaucoup de patience et de minutie. Elle requiert l’acquisition de techniques manuelles traditionnelles mais aussi l’étude des différents styles de mobilier et d’histoire de l’art, notamment décoratif. De multiples étapes, rythmées par des temps de séchage incompressibles sont essentielles pour assurer un travail de qualité.

Voici un aperçu des différents travaux à effectuer pour redonner son éclat et sa beauté à un objet doré à la feuille.

LE NETTOYAGE

Il est primordial de travailler une surface propre afin de permettre une bonne adhérence aux différentes étapes de dorure et une longévité de la restauration effectuée.

Rarement, un dépoussièrage à sec suffit mais la plupart du temps, notamment dans le cadre d’une restauration d’objet ancien, une préparation nettoyante est nécessaire. Et parfois même, le recourt au ponçage est inévitable pour supprimer des repeints ou des restaurations antérieures malheureuses.

L'APPRÊTAGE

Afin de réparer l’objet quand le support a été usé par le temps ou les manipulations, il est important de passer un certain nombre de couches d’apprêt (mélange de Blanc de Meudon et de colle de peau de lapin). Le nombre de couche varie selon l’aspect du support.

Pour les ornements, peu de couches sont préconisées pour éviter de boucher les reliefs et ainsi perdre les jolis galbes. Pour les parties plus ou moins plates, comme les moulures, les contours ou encore les parties à regraver, les couches se multiplient, pouvant aller jusqu’à 12. Les temps de séchage sont importants pouvant étaler cette étape sur plusieurs jours. A la fin, un ponçage est nécessaire afin de lisser parfaitement les apprêts pour la suite des opérations.

LA RÉPARURE

Il s’agit ici de restituer les formes, de redonner du galbe aux ornements, de redonner du nerf aux profils et de reprendre les parties gravées après l’étape d’apprêtage.

Cette intervention nécessite des connaissances en histoire des styles car la manière de redonner de la finesse et de la délicatesse aux ornements n’est pas la même selon les époques.

Aussi, l’utilisation des fers à reparer, outils utilisés par les doreurs, se perfectionne avec l’expérience et la pratique.

LE MOULAGE

Il est courant d’avoir recours aux techniques de moulage quand des ornements ou moulures sont cassés.

Il est souvent possible d’effectuer une prise d’empreinte directement sur l’objet à restaurer afin de reconstituer et coller les parties manquantes.

A défaut, il faut resculpter les manques soit à partir de photos de l’objet ou en faisant des recherches afin de prendre exemple sur des objets équivalents du même style.

L'ASSIETTAGE

Il s’agit de la dernière étape avant la pose de la feuille d’or.

L’application de cette préparation composée d’argile et de colle de peau de lapin, va permettre l’adhérence de la feuille d’or et va rendre possible l’opération de brunissage (qui donne un aspect très brillant à l’or).

L’assiette existe en différents coloris mais c’est surtout la jaune qui est utilisée dans les fonds et la rouge pour les parties plates et les reliefs.

LA DORURE

Les deux techniques les plus souvent utilisées par les doreurs sont la technique traditionnelle, dite à la détrempe (à l’eau) et la technique à la mixtion huile.

Dans les deux cas, la dorure s’effectue avec des feuilles d’or, présentées en carnets. Ces feuilles doivent être manipulées grâce à des outils spécifiques (coussin et couteau à dorer, pinceaux spéciaux…) car les feuilles ne se laissent pas attraper avec les doigts.

LE BRUNISSAGE ET LE MATAGE

Quelques heures après la dorure, l’or peut être bruni, c’est à dire, poli avec une pierre d’agate, afin de lui donner un aspect très brillant, ressemblant à de l’or massif.

C’est le contraste entre les parties brillantes et mates qui donne un équilibre visuel à la dorure et qui permet de mettre en valeur les reliefs des ornements.

Le matage, en plus de matifier, permet d’améliorer l’adhérence de l’or sur le support pour les parties non brunies.

LA PATINE

C’est la dernière étape mais également une des plus importantes et difficles à réaliser. Il s’agit d’un jus coloré qui va être appliqué sur l’or afin d’harmoniser la nouvelle dorure aux parties d’origine conservées.

De ce fait, elle doit permettre à l’or neuf de prendre un aspect ancien et cohérent avec la patine existante. Plusieurs ingrédients peuvent servir à préparer le jus de patine, comme la gouache, le brou de noix, certains pigments naturels… chaque doreur a ses préférences.

Découvrez la comparaison avant/après d’objets restaurés dans mon atelier.